Bonjour à tous, 

Voilà c'est fini pour ce tour de la vallée de la Thur 2016. Le Club Vosgien de Saint Amarin nous avait vendu une épreuve personnelle exceptionnelle. C'en fut une. Ils nous avaient vendu un parcours éprouvant. Il le fut. Ils nous avaient vendu un moment convivial, il le fut. Ils nous avaient vendu un marche clé en main, un peu comme un trail en marchant sans chrono. Et ce ne fut pas le cas ! Récit de nos aventures au pays de la Thur*, ouvrons cette porte et voyons ce qu'il y a derrière.

Le départ :

Comme en trail, nous voici au dépar avec armes (bâtons) et bagages. Clairement, on est un peu plus lourd qu'en trail (cela aura une importance plus tard). Sac plus lourd, la poche à eau est chargée au maximum car les ravitaillements et points d'eau sont peu fréquents. On nous avait prévenu que le parcours serait uniquement balisé des panneaux du club vosgien, j'ai prévu la carte IGN et la boussole.

ImageTour de la Vallée de la Thur 2016 byDidier Wach, sur Flickr
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Le miam pour 24 heures d'épreuve était nécessaire aussi car, étant végétariens, rien n'est prévu pour nous aux points repas. Comme nous n'aimons pas faire nos chieurs, nous avons préféré faire l'impasse. Danièle nous a fait de délicieuses tartines de rillettes végétales ainsi que de succulents rouleaux de printemps garnis de petits poids, lantilles, salade, carottes et autres. 

ImageTour de la Vallée de la Thur 2016 by Didier Wach, sur Flickr

Arrivés au CAP, salle des fêtes de Saint-Amarin, nous avons perçu notre carte et nos instructions. Les bénévoles ont été super sympas et la journée commençais bien. Ceci dit, je n'ai pu trouver notre ami UFO DidierP ...dommage, ça m'aurait fait plaisir de faire un brin de causette avec lui.

ImageTour de la Vallée de la Thur 2016 by Didier Wach, sur Flickr
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10h45, il est temps de partir. Le sac est lourd car il est bien plein. Au dernier moment, j'ai ajouté une petit laine. Grand bien m'en a fait, nous le verrons plus tard. 

ImageTour de la Vallée de la Thur 2016 by Didier Wach, sur Flickr
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La première grosse montée ne se fait pas attendre et nous mettrons nos jambes à l'épreuve. 

ImageTour de la Vallée de la Thur 2016 by Didier Wach, sur Flickr

Deux heures de grimpette plus tard, nous profitons d'une vue imprenable. La contrepartie est un vent glacial et une pluie intermittente qui gèle les os comme jamais. Sincèrement, cette météo a été le plus gros point noir de cette sortie.

ImageTour de la Vallée de la Thur 2016 by Didier Wach, sur Flickr
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Après 8h de marche, j'étais très nettement entamé. Mes épaules me faisaient souffrir, le sac me détruisant les épaules. Maux de têtes à répétition et douleur persistante à l'aine coté droit ont été mes compagnons non désirés à partir de ce moment. Nous mettons nos habits chauds pour la nuit qui s'annonce glaciale et humide. Merci à nos ponchos qui non seulement nous ont protégé de la pluie mais aussi du vent et du froid en créant une poche d'air chaud entre nous et les éléments.

Petit à petit, je m'épuise durant la nuit. Mes douleurs augmentent et je perd l'appétit. Etrange, d'habitude, je mange et bois un peu plus au fur et à mesure de l'avancée d'une course. En fait, je m'épuise doucement. A 2h du matin, au second ravito, nous mangeons tranquillement lorsque je sens une remontée acide. Je vais régurgiter ! Finalement non mais c'est limite. Quelques minutes plus tard, un verre d'eau me fait le même effet et je suis transi de froid. Nous décidons d'attendre quelques minutes pour voir si ça passe. Eh non, il semble même que ça empire. 16h d'efforts et de météo exécrable ont eu raison de moi. Du moins le pensais-je. Je vais vers un membre de l'équipe du Club Vosgien pour abandonner et retourner au point de départ. Réponse de l'intéressé d'un air hautain : "On a pas prévu de navette ici, faut vous débrouiller jusque Thann (à 24KM !!!!!!!!!!!)" QUOI ? C'est impossible. Au point où j'en suis, je n'y arriverai jamais. Il est 2h30 du matin, il fait nuit, froids et pluvieux. Je ne garde plus les aliments et encore moins les liquides.
Heureusement que Danièle, en bonne pharmacienne a des solutions de secours. Je vais donc faire 23km de plus sans m'alimenter et presque sans boire. C'est inconscient vu mon état mais en fait, il n'y avait aucune autre solution, l'organisation n'avais tout simplement pas prévu de rapatrier les participants en détresse à ce point précis (pourtant parfaitement desservi en bord de route)!
Nous sommes donc repartis dans la nuit, seuls et en détresse. La rage seule m'a permis d'avancer et de mettre un pas devant l'autre. Heureusement que le corps humain a plus de ressources qu'on ne le pense. Les médicaments m'ont bien aidé et finalement, les éléments nous ont un peu aidé. Le ciel s'est éclairé de l'aube brumeuse de ce pluvieux mois de juin et quelques rayons de soleil ont éclairé nos humbles carcasses éprouvées par les éléments.

ImageTour de la Vallée de la Thur 2016 by Didier Wach, sur Flickr
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Finalement, c'est vers 7h du matin, au point de rassemblement du petit déjeuner qu'un bénévole autrement plus aimable que celui du ravitaillement a écouté mon histoire avec effarement. Sa gentillesse et son écoute m'ont réconcilié avec l'organisation. Merci Antoine. Nous avons donc pris la navette et quelques ablutions plus tard, nous testions notre "auto-camping" pour dormir quelques heures avant de rentrer.

ImageTour de la Vallée de la Thur 2016 byDidier Wach, sur Flickr

Voilà ici se referme le récit de nos aventures du week-end avec une leçon : Ne sous-estimons pas la marche par rapport à la course. Elle est bien plus éprouvantes que nous ne l'imaginons. 70km de marche m'ont mis à terre à un point que je n'imaginais pas. Nous y retournerons peut-être, mais pour de plus courtes distances.

Prochaine étape : L'infernal 110km où j'espère être mieux préparé. 

Merci de m'avoir lu.
DidierDozer

* Phonétiquement, Thur veut dire porte en alsacien.