Bonjour à toutes et tous,

Ces dix derniers mois, rien n'a été facile. Ces dix derniers mois, le doute s'est installé et rien ne se passait comme prévu. Finalement, ces dix derniers mois se sont soldés par une victoire. Pourtant, ce fut une courte, une très courte durée qui a séparé la victoire de l'échec. Tout s'est joué dans les derniers moments de ces dix mois affolants. Voici le récit de cette dernière journée qui a finalement concrétisé mes espoirs :

5h45, le réveil sonne. Je descend du lit avec une bonne douleur à la nuque. Fichu torticolis ! Le temps de se changer et d'aller manger, le soleil nous salue de ses mille feux :

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Il est tôt du matin mais je suis en forme. Le temps de prendre ce qu'il faut pour la course, nous voilà partis à pied vers la remise des dossards. Nous en profitons pour visiter le salon du Marathon et ses stands. Certains sont d'ailleurs super originaux et nous en reparlerons dans quelques temps. 
Un grand mur répertorie tous les noms des participants. Une bonne idée car c'est toujours un plaisir de se sentir faire partie d'un grand événement :

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Puis nous patientons jusqu'au départ. Nous en profitons pour visiter un peu les lieux et faire une halte dans la grande salle d'arrivée. D'ailleurs comme ma montre ne s'est pas mise à jour au niveau de l'heure, nous avons une heure d'avance. Bah, ça donnera le temps au soleil de réchauffer un peu l'atmosphère bien fraîche ce matin là.

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Mais bon, il est temps de passer aux choses sérieuses. Quelques minutes avant le départ, nous avons rejoint le sas qui nous était réservé : 

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Et le départ est lancé à 10h10 précise. Je me lance doucement et me cale sur l'allure que je m'étais fixée : Entre 10,5 et 11km/h. Les premiers km se passent bien, dans le calme mais surtout avec sérénité. Je me sens bien, ma foulée est bonne et tout se déroule comme prévu.

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Puis, je décide de faire le point sur mon temps au tiers de la course, à savoir au km 14. Je passe le 14ème à ma montre avec deux minutes d'avance sur l'horaire. Je souris, tout va bien. Mon allure est bonne et en plus j'ai un peu de rab. Je déchante très vite après ... lorsque je passe le 14ème kilomètre officiel tout juste dans les temps !!! Ma montre indique 14,38 , elle est donc fausse. Je rage, je tempête dans ma tête mais finalement, je me dis que c'est pas si mal. Je suis dans les temps, il faut juste que je me concentre et que je ne panique pas.
Je vais ainsi jusqu'au semi-marathon en 1h59 et des cahuètes toujours en me sentant bien. Je passe bien consciencieusement à chaque ravitaillement. Je prend mon gobelet d'eau, puis bois une ou deux gorgées de ma boisson personnelle ( recette d'Alain Roche du site www.diet-sport-coach.com que je remercie chaleureusement pour ses conseils avisés et recettes. Merci M. Roche et respect de partager votre savoir ainsi. ). Au semi, je prend un gel en plus car je sens que j'en ai besoin.
J'ai beau être charrette en temps, je n'accélère pas. Je sais que mon plus grand ennemi est encore devant moi : Le mur du 30ème kilomètre. Je passe le 28ème toujours charrette mais toujours dans les temps. Tout va bien, je n'accélère toujours pas. Les kilomètres suivants passent les uns après les autres sans encombres et surtout sans modification de mon état de forme. Je ralentis tout au plus un peu mais rien d'insurmontable. Entre le 34 et le 35 ème kilomètre j'entend un cri énorme. Je lève la tête et voir Danièle avec l'appareil photo. Je souris, je lève les bras ... plus moyen d'échouer. Il va falloir aller au bout maintenant !

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Ce moment a été le top départ de l'accélération finale. Super heureux d'avoir été supporté par celle que j'aime, je commence à accélérer doucement. 10,9 , 11km/h puis 11,2 et 11,5. Je passe les kilomètres les uns après les autres. Au 38ème, je me fais un coup d'émotions car je sens que je vais aller au bout de mon rêve. Je me calme, me sermonne : La course est loin d'être finie. Pour tenter de reprendre le contrôle, je décide de calculer mes temps de passage au km 40, 41 et 42. Je me mélange les pinceaux et passe finalement au 40 en 3h48 ... je fais un rapide calcul et me mélange encore les pinceaux. Purée ! Je ne vais pas y arriver si je sprinte pas. J'accélère encore. Mon rythme cardiaque augmente, je respire profondément mais je ne suis pas essoufflé. Mazette ! Je ne pensais pas que ce soit possible après un effort aussi long. Je passe le 41ème : c'est encore possible. Je fonce, ma respiration devient de plus en plus rapide, je souffre mais je n'ai pas de douleur. Mais bon sang il est où ce kilomètre 42 ??? Les secondes d'étirent et prennent plus de temps que nécessaire. Le panneau du kilomètre 42 n'apparaît pas. Je sens le désespoir me gagner. NON ! Pas maintenant ! Je ne peux pas échouer sur le dernier kilomètre ! J'accélère autant que possible et je vois le panneau 42, le virage, l'allée qui nous mène dans la salle d'arrivée. Je regarde ma montre. Les secondes défilent trop vite, j'en suis presque aux 4h. Je fonce encore plus vite. J'entre dans la halle, prend ma place sur le tapis rouge, regarde une dernière fois ma montre et comprend que c'est gagné. Je passe la ligne dans un bond de joie et coupe le chrono. C'est fait, je l'ai fait. Je n'arrive plus à respirer. La joie, l'effort ? Je suffoque quelques instants avant de m'exhorter à reprendre mon calme. Je domine mes muscles respiratoires et prend de grandes et profondes inspirations. La tension retombe, je suis heureux. Je l'ai fait.

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La foule énorme se dirige vers la remise des médailles et le ravitaillement de fin de course. Je retrouve Danièle au salon du Marathon où nous prenons la photo de la victoire :

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Ce fut une belle aventure qui a bien finie. Il y a pourtant une leçon à tirer de tout cela : Quoi qu'on entreprenne, quoi qu'on fasse, quels que soient les écueils sur le chemin, c'est toujours au moment de passer la ligne d'arrivée qu'on fait les comptes. La conclusion de cette saison de course en demi-teinte (Semi-marathon de Friebourg avec Guigui, abandon au Tour de la Vallée de la Thur, abandon à l'Infernal Trail des Vosges) est que tant qu'on ne baisse pas les bras, on peut réaliser ses rêves.

J'ai dédié cette course à Véronique, ma cousine qui se bat contre une sale maladie, à Marie, dite Solexine72 qui a superbement fini son semi-marathon à Lausanne ce même jour et à toutes les équipes bénévoles et dirigeante de l'Infernal Trail des Vosges.
Je remercie tous mes proches, mes soutiens, mes collègues de travail et tous ceux qui ont permis cette victoire. Merci infiniment à tous.

Merci enfin de m'avoir lu, et vous invite pour mes prochaines aventures. Le chemin ne s'arrête pas. 

Didier