Bonjour à toutes et tous, 

Avant de commencer à développer le fond de ma pensée, une petite précision s'impose concernant ce titre un peu abrupt. L'expérience que je vais vous relater a été totalement involontaire mais riche d'enseignements. Elle n'est d'ailleurs pas finie car les effets en sont encore visibles. Mettre des mots sur ce que je ressens est une manière pour moi de faire une thérapie mais surtout, une alerte que je lance à tous ceux qui peuvent être dans mon cas, et c'est potentiellement la totalité des êtres humains de la planète.

L'histoire :

Aujourd'hui, moins deux mois et deux semaines :

Fini l'infernal Trail des Vosges, la course ne s'est pas super bien passé mais bon, c'est la vie. On s'offre une petite bière, un morceau de chocolat pour se requinquer. On rentre à la maison et on reprend le boulot. Tout rentre dans l'ordre, ou presque. En effet, tous les soir, le petit bout de chocolat et parfois quelques petits gâteaux secs accompagnent la soirée. Ils entrent dans les habitudes petit à petit, insidieusement. Vous noterez que j'utilise beaucoup le mot "petit". Même en racontant l'histoire, je minimise encore les faits. Bref, mon esprit retrouve une vieille drogue et compte me pousser à en consommer plus.
A ce moment, je prépare mon marathon. Je suis donc super actif. Je cours beaucoup, je fais de la muscu et de la cardio à haute dose. J'ai une compétition à réussir. Du coup, mes écarts du soir n'ont pas de conséquences ... en apparence. Je stabilise mon poids, donc je ne m'alarme pas. Ma graisse corporelle se stabilise aussi ... et remonte tout doucement. J'aurais dû voir à ce moment que quelque chose ne tournait pas rond. La tête dans le guidon pour ma course, je ne relève pas.

Aujourd'hui moins environs un mois :

Le marathon s'est très bien passé, je vais bien. Je finis la course dans le temps que je me suis fixé, je n'ai presque pas de courbatures. Le rêve. On passe deux jours à se faire plaisir à table, mais c'est normal pour la récupération. Ça fait du bien au moral, c'est en tout cas les excuses que je trouve. Au retour à la maison, retour aux petites habitudes insidieuses des petites douceurs le soir. Tout est sous contrôle même si je commence à regarder ma courbe de graisse corporelle d'un oeil critique. Je commence à noter une anomalie et une sourde rumeur monte en moi : je n'aime pas ça. Un peu débordé par des soucis au boulot, par une vie moderne trop mouvementée, je ne réagis pourtant pas. 

Aujourd'hui moins deux semaine et demi :

Nous passons chez un chocolatier pour faires nos achats pour Noël et pour les anniversaires des parents. Quel endroit magnifique pour un amateur de chocolat. Le produit de qualité et les méthodes artisanales nous séduisent depuis des années. Nous prenons ce qu'il nous faut puis je repère une des friandises qui a illuminé mon enfance. Ce sont de petites boules remplies d'une mousse toute légère parfumées à plein de parfums tous plus délicieux les uns que les autres enrobées de chocolats de toutes les couleurs avec des éclats d'amandes, de la noix de coco rapée ou des éclats de croquant. Bref, rien que d'en parler, j'en salive d'envie. J'en prend une boîte de 24 en me disant que j'en mangerai un par jour. Compté dans mon programme, cela ne peut faire de mal. Et voilà comment on met en place une dépendance sans même s'en rendre compte. 

Samedi dernier :

Quelle sale journée. Rien ne va au boulot, je suis en conflit avec certaines personnes, j'ai l'impression de perdre pied, de ne plus être aussi compétent, enthousiaste, réactif. Je perd le sourire depuis quelques mois. Je fais moins de sport. Je met cela sur le compte de l'époque de l'année, la météo médiocre et le boulot. Mon moral baisse petit à petit. Lors de mon jour de repos, il est de plus en plus dur de décoller de l'ordinateur ou du canapé. J'ai faim du matin au soir. Je cède en fin de journée. Le vendredi soir, c'est pire. J'ai faim ! Samedi, je rentre du travail avec la rage. Je suis mal, j'ai envie de tout jeter, plus envie de rien. Je finis les quelques bouchées au chocolat qui me restent (6 ou 7 tout de même), prend encore un whisky et rumine dans mon coin. Je finis par m'endormir sur le canapé, mal dans ma peau.

Hypothèses sur ce qui s'est passé (mais avec de fortes présomptions que j'ai raison) :

1) Addiction 1 :

En commençant à prendre un petit bout de chocolat ou un petit sablé tous les soirs, je me suis soumis à la présence de sucre en fin de repas. En fait, je me suis généré un pic d'insuline et un pic de dopamine. Le cerveau en a fait une habitude, donc il réclamait tous les soirs. 
Après le marathon, j'ai intensifié les grignotages car le cerveau me poussait à prendre de plus en plus de sucre. Lorsque j'ai ajouté les bouchées au chocolat bourrées de saccharose, ça a été le pompon. Il n'y en avait jamais assez pour le cerveau et je commençais à ressentir le manque sous la forme d'une envie irrépressible de manger un truc sucré. Ces envies, de plus en plus pressantes, ont fini par saper mon moral et ma motivation à faire du sport. Je suis redevenu accroc au sucre.

2) Addiction 2 :

En diminuant ma quantité de sport, surtout en sport d'endurance, je me suis mis en manque d'endorphines. Combiné à la dépendance à la dopamine, l'effet a été puissant. Du coup, la déprime s'est installée. Lorsque cela arrive, rien ni personne ne peut résister à long terme. On craque tous si on laisse cette situation s'installer.

3) Mécanisme :

En générant de grosses quantités de dopamine et d'insuline, mes besoins en sport ont diminués. Du coup, je me sentais coupable. Cette culpabilité, on peut la réduire en augmentant la dopamine, donc les aliments "doudou". Je n'ai pas besoin d'aller plus loin. Je pense que vous avez compris le cercle vicieux que ça installe.

Une solution possible :

En premier lieu, j'ai décidé de ne plus acheter ni consommer de ces boules au chocolat. Ne plus en avoir à la maison supprimera la tentation. En second lieu, j'ai décidé de réduire toutes les formes de sucre pendant un moment. Je supprime ma banane du matin au petit déjeuner, les abricots secs ou pruneaux d'agen à midi et surtout le chocolat ou le biscuit du soir. Le seul produit sucré que je continue à consommer est ma pomme de midi.
En parallèle, je vais reprendre le sport plus assidûment. Je me suis mis en place un programme qui devrait satisfaire mes besoins en endorphines et noyer le manque de dopamine.
J'espère que ces deux actions combinées donneront une spirale de succès et donc un cercle vertueux qui générera résultats positifs. Je compte bien monitorer tout cela avec précision comme à mon habitude.

Enfin, en guise de conclusion, je souhaite dire à tous ceux qui vivent un moment de déprime, une mauvaise phase dans leur vie : Avant de sombrer dans la dépression, regardez ce que vous mangez. Si vous avez augmenté vos quantités de sucre ou d'alcool, si vous bougez moins, si vous avez plus recours aux aliments doudous, il est probable que vous soyez drogué(e) à votre ainsu. Réagissez en temps et en heure et étrangement, le moral devrait revenir, et ceci indépendamment des problèmes que vous rencontrez. Nous ne pouvons résister à nos hormones, alors autant savoir comment elles fonctionnent et faisons-les travailler pour nous.

 

Merci de m'avoir lu et à bientôt.

Didier